histoire       (english version)
L'histoire de la tapisserie ne prend réellement forme pour nous en tant qu'histoire, qu'à partir du XlVème siècle, date à laquelle les ateliers de Paris et d'Arras prirent d'importance leur essor.

Des témoignages nombreux - morceaux de tissu trouvés dans les tombes, fragments de tapisseries coptes, représentations attestant de l'usage de métiers semblables à nos métiers de haute lisse, en Egypte, dès le IVème siècle sont parvenus jusqu'à nous. Egyptiens, Assyriens et Perses ornaient ainsi leurs temples et leurs palais.

Périssable par nature, ce type de création, ne nous a donc guère légué de tentures complètes auxquelles on pourrait donner, sans préjuger de leur fonction, le nom de tapisserie. Il nous a fallu attendre pour cela le Xlème siècle. Certes l'élevage du ver à soie qui apparaît à Byzance au milieu du Vlème siècle confirme la splendeur des créations de l'époque dont croisés et pèlerins se firent les "importateurs" en Occident. Ces tissages de soie n'étaient autres que des tapisseries reproduisant les schémas décoratifs des structures architecturales (mosaïques, marbres) déjà en place.

C'est au Xllème et Xlllème siècle, sous l'influence artistique des ouvrages ramenés d'Orient par les croisés, que semble s'être ainsi épanoui l'art de la tenture murale ; les tapisseries de l'église de Baldlshol et celles du dôme de Halberstadt, celle de Saifit-Géiéon de Cologne et enfin le Mariage de Mercure avec la philologie (Xlllème siècle) en sont de glorieux fleurons.

L'homme et la bible, de la création au jugement dernier, offrirent à l'appétit des fantastiques visionnaires du Moyen-Âge, un incomparable répertoire iconographique. La tapisserie en profita largement dès le XlVème siècle et H. Focillon peut aujourd'hui écrire : "L'art de la haute lisse fut pour l'Occident ce que la fresque fut pour l'Italie. Avec le vitrail c'est peut-être l'expression la plus originale de son génie...

L'Apocalypse d'Angers est à ce jour la plus ancienne tenture portée à notre connaissance et surtout la plus belle. Les Preux dont il existe un exemplaire conservé aux cloisters à New-York ne lui cèdent en rien quant à la notoriété.

Au XVème siècle, les ateliers de Tournai s'imposent par la qualité de leur production, pour laquelle l'église devient le plus grand pourvoyeur de commandes. Auparavant, la destination des tapisseries semble avoir été plutôt laïque. 0r curieusement, les thèmes s'affirment dès le XVème comme de plus en plus profanes.

L'inégalable variété des thèmes, mythologiques, allégoriques, bibliques, héraldiques, historiques, de vénerie, ou se référant aux textes sacrés au XVème siècle, s'enrichira encore dans le dernier tiers du XVème siècle et au début du XVIème siècle de ces ravissantes et célèbres mille-fleurs dont il serait presque indécent, aujourd'hui, de souligner la vertu poétique. La Chasse de la licorne (Métropolitain Museum of art -col. des cloisters), et la Dame à la licorne (Paris - Musée de Cluny) en sont les plus illustres créations mais il ne faut pas oublier des œuvres plus modestes, mais non moins séduisantes, telles le Narcisse du museum of fine arts de Boston ou la suite des Anges porteurs des instruments de la passion que l'on peut voir au musée des tapisseries du château d'Angers.

D'une manière générale, la tapisserie du XVème siècle est remarquable par la composition de ses scènes. Faisant fi de toute convention de temps et de lieu, elle est essentiellement narrative.

Néanmoins, lorsque Raphaël dessine les Actes des Apôtres, on n'a pas encore atteint le point de non retour, loin de là. Mais, il s'agissait déjà pour les ateliers de Van Aelst à Bruxelles, de l'interprétation d'un tableau. Cette œuvre unique fut réalisée entre 1515 et 1519.

François 1er, soucieux de ne pas laisser s'échapper en Flandres toutes les commandes, favorise l'expansion des ateliers de Fontainebleau. La vie des ateliers de Fontainebleau ayant été éphémère, Henri IV poursuit la politique de développement de la tapisserie française entamée par son prédécesseur. Dans ce but, est créé à Paris, Bourg Saint-Marcel, un atelier où grâce aux faveurs et privilèges qui leur sont accordés, Marc de Comans, bruxellois et François de La Planche, anversois, vont faire "éclore" la tapisserie parisienne pour la plus grande gloire de la France.

Vers 1662, Colbert, regroupant grands et moins grands parmi les ateliers disséminés dans Paris, fonde la manufacture royale des Gobelins. La direction en est confiée au célèbre peintre Charles le Brun.

C'est enfin l'opulence ! La tapisserie connaît la phase de production la plus imposante de son histoire. Histoire d'Alexandre, les Eléments , les Saisons, Histoire du roi, autant de cartons, au- tant de commandes royales.

La petite noblesse et la bourgeoisie constituent un nouveau "marché" ; il faut donc tisser plus vite et moins cher.

Puis : la Révolution française. La création artistique textile rentre dans une longue et douloureuse hibernation... Tout au long du XlXème siècle, copies de tableaux et reprises de modèles anciens composent essentiellement l'histoire d'un art qui se traîne lamentablement dans le plagiat et la subordination à l'histoire.

La tapisserie de lisse a, elle, conquis une indépendance formelle de plus en plus large, en ouvrant grand ses portes à l'art abstrait à travers les actions et les travaux d'artistes comme Matégot, Tourlière, Prassinos et Messagier. De grands peintres aussi, tels, Nicolas de Staël, André Masson, Hans Hartung et Sonia Delaunay et tant d'autres fournirent aux ateliers d'admirables cartons. En 1903, l'appellation "ouvrier en haute lisse" s'instaure et très vite la tapisserie devient une réalité économique considérable avec laquelle la France doit désormais compter.

De nombreux ateliers enfin, réalisent tous les jours des œuvres originales. Les ateliers de Saint-Cyr, Plasse le Caisne, du Roi René, Robert Four, Jean Laurent, sont de ceux-là, et il faut souhaiter vivement pour cette forme de création que se perpétuent les initiatives.



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history
The history of the tapestry takes shape really for us as history, that from the XlVth century, date to which shops of Paris and Arras took of importance their flight.
Of the numerous testimonies - pieces of cloth found in tombs, Coptic tapestry fragments, representations attesting the similar profession use to our professions of high smooth, in Egypt, since the IVème century arrived until us. Egyptians, Assyrians and Persia decorated their temples and their palaces thus.

Perishable by nature, this type of creation, has therefore hardly us bequeathed of complete hangingses to which one would be able to to give, without prejudging their function, the name of tapestry. We needed to wait for it the Xlème century. Certainly the raising of the worm to silk that appears to Byzance to the middle of the Vlth century confirms the splendor of creations of the time of which crusaders and pilgrims made themselves importers " in West. These textures of silk were not other that of the tapestries replicating the decorative architectural structure diagrams (mosaics, marbles) already in room.
It is to the Xllth and Xlllth century, under the artistic influence of works brought back of Orient by crusaders, that seems, to be thus himself in full bloom the art of the wall curtain; tapestries of the church of Baldlshol and those of the dome of Halberstadt, the one of Saifit-Géiéon of Cologne and in short the Marriage of Mercury with the philology (Xlllth century) are some of glorious florets.

The man and the Bible, of the creation to the last judgment, offered to the appetite of the fantastic visionaries of the Middle Ages, an incomparable index iconographique. The tapestry benefitted some extensively since the XlVth century and H. Focillon can write today: " The art of the high smooth was for the west what the fresco was for Italy. With the stained glass window it is maybe the most original expression of his/her/its genius...

The apocalypse of Angers is to this day the oldest curtain reach to our knowledge and especially most beautiful. The "Les Preux" of which it exists a copy preserved to cloisters in New-York give up him in nothing as for the notoriety. To the XVth century, shops of Turned impose himself by the quality of their production, for which the church becomes the bigger supplier of commands. Before, the destination of tapestries seems to have been rather laic. 0r curiously, themes affirm themselves since the XVth as more and more profane.

The matchless variety of themes, mythological, allegorical, biblical, heraldic, historic, or himself referring to the sacred texts to the XVth century, will enrich himself again in the last third of the XVth century and in the beginning of the XVIth century of these charming and famous thousand-flowers of which it would be nearly indecent, today, to underline the, poetic virtue. The Hunt of the unicorn (Metropolitan Museum of art -collar. of cloisters), and the Lady to the unicorn (Paris - Idled about of Cluny) are the most famous creations of it but it is not necessary to forget some more modest œuvreses, but no less attractive, such the Narcissus of museum of fine arts of Boston or the following of instrument Angels carriers of the passion that one can see to the museum of tapestries of the Angers castle.

Of a general manner, the tapestry of the XVth century is remarkable by the composition of his/her/its stages. Making fi of all convention of time and place, she/it is essentially narrative. Nevertheless, when Rafael draws Acts of Apostles, one didn't reach the again point of no return, far from there. But, it was already about for shops of Sieve Aelst to Brussels, of the interpretation of a picture. This unique œuvre was achieved between 1515 and 1519.

François 1st, anxious not to let escape in Flanders all controls, encourage the expansion of shops of Fontainebleau. The life of shops of Fontainebleau having been ephemeral, Henri IV pursues the politics of development of the French tapestry started by his/her/its predecessor. In this goal, is created in Paris, Borough, Saint-Marcel, a shop where thanks to favors and privileges that are granted them, Marc of Comans, bruxellois and François of The Board, anversois, are going to make " hatch " the Parisian tapestry for the biggest glory of France.

Toward 1662, Colbert, regrouping big and less big among shops scattered in Paris, found manufactures it royal of the Gobelinses. The direction is confided some to the famous painter Charles the Brown.
It is in short the wealthiness! The tapestry knows the phase of the most imposing production of his/her/its history. History of Alexander, Elements, Seasons, History of the king, as many cardboards, to him - so many royal commands.

The small nobility and middle class constitute a new " market "; it is necessary to weave therefore more quickly and less dear. Then: the French Revolution. The textile artistic creation goes in in a long and painful hibernation... All to the long of the XlXth century, copies of pictures and old model resumptions essentially compose the history of an art who crawls lamentably in the plagiarism and the subordination to history.
The tapestry of smooth has, it, conquered a more and more large formal independence, while opening big his/her/its doors to the art abstracts through actions and the works of artists as Matégot, Tourlière, Prassinos and Messagier. Of big painters also, such, Nicolas of Staël, André Masson, Hans Hartung and Sonia Delaunay and so many others provided to the admirable cardboard shops. In 1903, the appellation " worker in high smooth " institutes himself and very quickly the tapestry becomes a considerable economic reality with which France must count henceforth.

Many shops in short, achieve some original œuvreses every day. Shops of Saint-Cyr, "Plasse le Caisne", of the, King René, Robert Four, Jean Laurent, is those there, and it is necessary to wish briskly for this shape of creation that himself perpetuate initiatives.



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